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Alimentaire, attention révolution technologique en cours !

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Alimentaire, attention révolution technologique en cours !

Agroalimentaire et Agriculture, domaines d’activité désuets voire ringards dont les jeunes générations se désintéressent… Bien au contraire ! Il s’agit en réalité de secteurs de pointe dans lesquels les technologies les plus innovantes et les « startupeurs » du monde entier se concentrent.

Pourquoi ? Parce que l’être humain aime par-dessus tout les défis. D’une part, la population mondiale devrait atteindre 9,7 milliards en 2050 et pour répondre aux besoins alimentaires de tous, la production agricole devra augmenter de 70% ; D’autre part, les populations tendent à se rapprocher des villes : 66% de la population mondiale sera urbaine en 2050 ce qui pose la question de la logistique de la fourche à la fourchette.

Or, de la contrainte, nait la créativité ! Voici en 10 illustrations « bluffantes », ce qui se passe à côté de chez vous ou à l’autre bout de la planète et que l’on classe dans la bien nommée « Food Tech ».

  1. Manger de la viande sans tuer d’animal sera possible demain aujourd’hui

Deux révolutions sont en cours : la viande « végétale » et la viande « créée en laboratoire ». Depuis quelques années, plusieurs startups, majoritairement américaines comme Beyond Meat, travaillent sur l’élaboration de « viandes » composées uniquement de végétaux. Des travaux portent actuellement sur la recherche de combinaisons qui recréent les propriétés de cuisson, d’apparence, d’odeur et de goût des viandes notamment des viandes rouges. On trouve déjà les premiers burgers végétaux dans certaines chaînes de supermarchés comme Whole Foods aux E-U. Autre exemple, toujours aux E-U, la startup Memphis Meats crée une viande véritable à partir de cellules animales. Pour l’une comme pour l’autre, l’enjeu R&D est de réduire les coûts de fabrication de cette « vraie-fausse » viande.

  1. Quand le gaspillage alimentaire devient un enjeu « Business »

Le gaspillage alimentaire est un enjeu mondial dont les économies occidentales sont les plus mauvais élèves : 12 et 20 milliards d’euros de pertes par an en France, 218 milliards de dollars au E-U !

Contre la casse en amont, Zest Labs contribue à régler ce problème en proposant d’installer des capteurs sur les palettes associées à un système de gestion prenant en compte tous les paramètres (Lieu de production, type de produit, conditions de production et de conditionnement, …). Toutes ces données forment le code ZIPR pour réaliser en temps réel un inventaire des stocks, de leur état et ainsi prioriser l’arrivée et la sortie des marchandises.

En aval de la chaine, le challenge porte sur la redistribution des invendus. une activité peu nouvelle mais qui se professionnalise et devient une source de profit. Phenix, startup française, a passé en 3 ans des accords avec plus de 600 grandes entreprises notamment les distributeurs alimentaires E.Leclerc, Carrefour, Système U, groupe Casino ou encore Intermarché. Phenix aide ses partenaires à réduire leur gaspillage et à valoriser leurs des invendus via des circuits d’économie circulaire .

  1. L’agriculture urbaine n’est pas seulement un gadget Hipster, elle est l’une des réponses au déplacement des populations vers les villes

Aux E-U, au Japon et en Europe, les façades, les toits et les terrains vagues se couvrent de surfaces agricoles. Aujourd’hui, on peut y trouver plusieurs catégories de fruits et de légumes dont la plus adaptée aux villes se compose de salade, tomates, légumes secs, carottes, navets ou encore pommes de terre.

Autre atout, les plantations en ville remplissent des services écosystémiques : rafraîchissement de l’air et dépollution, lutte contre les inondations, captation d’azote, économies d’énergie.

Aujourd’hui, les chercheurs totalisent quelques 180 millions de tonnes de nourriture produites tous les ans sur nos toits. Ce n’est qu’un début. Ainsi, Paris ambitionne le développement de 100 hectares de fermes urbaines sur son territoire d’ici 2020. Des projets regroupés sous l’étiquette « Parisculteurs ».

  1. Naissance d’une plate-forme d’échange et d’innovation face au réchauffement climatique

A la source des enjeux alimentaires de demain : les pratiques agricoles, grandes consommatrices d’eau et d’intrantsdont on connait les limites et les dérives. Pour créer un cercle vertueux, un lieu d’échange, à la fois collaboratif et institutionnel, vient de naître : Agrisource est la 1ère plate-forme européenne d’innovation ouverte pour une agriculture climato-intelligente. Ce lieu d’échange entre les entreprises et les institutions a 2 vocations :

  • Partager les bonnes pratiques afin de faire face aux conséquences du réchauffement climatique et produire plus,
  • S’unir pour atténuer les émissions de gaz à effet de serre, contribuer à la séquestration du carbone atmosphérique afin d’assurer une sécurité alimentaire durable.
  1. Personnaliser son alimentation… Pas seulement pour soigner son Ego !

Dans le domaine de la « Food Tech », la nutrition personnalisée fait partie des sujets qui incarnent un futur à la rencontre de l’alimentation, de la science et de la technologie.

Des jeunes sociétés se sont déjà positionnées sur l’alimentation santé : D’origine suisse, Actigenomic propose des ingrédients naturels, nutrigénomiques actifs, visant notamment à lutter contre l’affaiblissement du système immunitaire, le déséquilibre du métabolisme osseux et les troubles du sommeil. Geneplanet propose un régime alimentaire sur mesure appelé Nutrifit basé sur une analyse génétique. Enfin, la société américaine, Metagenics,  commercialise des compléments alimentaires également basés sur la nutrigénomique pour renforcer sa flore intestinale.

D’ici 10 à 15 ans, les chercheurs prédisent que 100% de notre alimentation sera personnalisée. Le stade ultime sera celui d’une nutrition basée sur le séquençage du génome humain et sur le microbiote intestinal. Les consommateurs se feront plaisir tout en « pilotant » leur santé : palier les intolérances, prévenir les maladies ou encore, formater son alimentation aux attentes de performances physiques et intellectuelles.

  1. L’agriculture « Place to work » des cerveaux de la génération Z

Le saviez-vous ? De plus en plus de jeunes américains issus des grandes écoles quittent les grandes villes et délaissent les bureaux pour devenir agriculteur et se lancer dans le Bio et autres formes de cultures innovantes. Selon les autorités américaines, ce, mouvement devrait s’amplifier durant les 35 prochaines années.

Ainsi, après une décennie passée dans les entreprises de la HighTech, Kimbal Musc (le frère d’Elon) a décidé de se reconvertir dans sa véritable passion : la restauration. Il est à la tête d’une chaîne de restaurants spécialisés dans la nourriture locale et citoyenne.

Outre la quête de sens, ce qui porte les jeunes générations est de bâtir un autre modèle économique qui soit à la fois profitable, vertueux et épanouissant.

  1. Le boom des « Fermes verticales »

Autre exemple de la rencontre entre HighTech et alimentaire : le modèle des fermes verticales. Ce type d’agriculture consiste à cultiver des plantes sur des surfaces empilées, inclinées verticalement ou intégrées. Logiquement, les fermes verticales appartiennent également à ce que nous avons nommé « L’agriculture urbaine ».

On distingue trois méthodes de production :

  • L’hydroponie : les plantes, au lieu de se développer dans le sol, voient leurs racines immergées dans une solution aqueuse contenant déjà tous les nutriments essentiels,
  • L’aéroponie : les racines des plantes sont en suspension et régulièrement alimentées par un brouillard nutritif,
  • L’aquaponie : système combinant aquaculture et hydroponie. Les éléments nutritifs proviennent des déchets organiques produits par les poissons.

Les fermes verticales présentent de nombreux avantages : produire près des bassins de consommation, contrôler l’environnement de production (température, lumière, humidité, etc), s’affranchir des saisons à moindre coût et dégât environnemental.

  1. Le principal sujet d’échange sur la toile est le… Food !

Qui l’eut cru : manger sous toutes ses formes et ses couleurs est le sujet le plus partagé et commenté sur le web. Décuplée par le numérique, l’alimentation s’inscrit au cœur de nos conversations et de nos interactions. Si chercher sur le Net la recette de son prochain dîner est toujours d’actualité, le digital crée désormais une appétence pour des sujets connexes, tels que l’environnement, la santé, la nutrition, l’économie, l’innovation, la culture…

Combien de sites, d’applications, de blogs ou de forums compte la toile pour apprendre, commenter, montrer, questionner, débattre ? « Fier de montrer mon Pot au feu du week-end dernier », « D’où viennent les ingrédients de mon plat cuisiné ? », « J’ai trouvé comment remplacer la viande de bœuf dans ma recette de Bourguignon », « Où se trouve le primeur citoyen le plus près de chez moi ? ».

Pour exemple, l’application de la Start up Yuka, aussi simple que pertinente : en quelques clics, vous scannez vos produits et vous analysez leur impact sur votre santé. Yuka déchiffre toutes les étiquettes : d’un simple ingrédient céréalier à la recette la plus élaborée, vous visualisez les produits qui sont bons et ceux qu’il vaut mieux éviter.

  1. J’ai fait ce rêve étrange… La fin des emballages plastique

Il est désormais possible de protéger les denrées les plus fragiles sans plastique ni carton, ni bois ou papier. Des chercheurs ont mis au point un principe d’enrobage naturel des fruits et légumes afin de les préserver lors de leur transport. Cette enveloppe se compose d’une solution biodégradable à base de soie, biocompatible, inodore, invisible et même non toxique à la consommation.

Parallèlement, en aval de la chaine, des scientifiques japonais ont identifié une bactérie mangeuse de plastique pour nous débarrasser des emballages de l’ancien monde. Cette bactérie, l’Ideonella sakaiensis, est capable de briser les liaisons moléculaires du plastique le plus utilisé dans le monde, le PET.

Dans la même veine que les emballages comestibles expérimentés par plusieurs entreprises à travers le monde, un designer islandais a développé une bouteille entièrement biodégradable. Ari Jonsson, étudiant à l’académie des Arts de Reykjavik, a développé une bouteille à base d’eau et de poudre d’algue qui conserve sa forme lorsqu’elle est pleine, mais se décompose rapidement une fois vide.

  1. Moins HighTech mais tout aussi positif, un supermarché géré par des paysans

Suivant le vieil adage, on n’est jamais mieux servi que par soi-même, 39 agriculteurs ont récemment fait l’acquisition d’un supermarché en cours de fermeture. Un an après, les résultats sont probants. Rebaptisé « Cœur paysan », ce supermarché 100% primeur, basé à Colmar, permet à ses nouveaux propriétaires d’écouler leur propre production directement aux consommateurs, sans intermédiaire. Au final, nos entrepreneurs ruraux peuvent gagner décemment leur vie.

Autres gagnants de cette initiative urbano-rurale : les consommateurs. Quand ils achètent chez « Cœur paysan », ils savent comment et par qui leur potimarron a été cultivé… Ils sont également assurés de payer un prix équitable. Ce sont les maraîchers, les éleveurs et les céréaliers qui fixent le prix de vente des produits, significativement en deçà des prix du marché et des niveaux de marge de la Grande distribution. Au passage en caisse, ils font connaissance avec celui à qui reviendra leurs Euros dépensés.

Big data, intelligence artificielle ou encore Blockchain, … Finalement le futur a du bon lorsqu’il se met au service de la planète. Et vous, sur quel nouveau modèle économique vertueux travaillez-vous actuellement ?

OA